Le marché automobile français traverse une séquence où chaque mois apporte son lot de basculements. Entre records d’immatriculations électriques, percée des constructeurs chinois et tensions industrielles chez Stellantis, les tendances auto de cette fin 2026 dessinent un paysage bien différent de celui d’il y a deux ans. Quels indicateurs permettent de mesurer l’ampleur de ces mutations ?
Parts de marché électrique et hybride en France : les chiffres de septembre 2026
Les données de septembre 2026 montrent des écarts nets entre motorisations. Le diesel poursuit sa chute libre, tandis que l’électrique atteint un niveau record porté par le leasing social et les critères environnementaux du bonus.
| Indicateur | Tendance septembre 2026 | Point de comparaison |
|---|---|---|
| Ventes diesel France | Recul marqué | Tendance baissière continue |
| Ventes électriques France | Nouveau record mensuel | Progression portée par le leasing social |
| Part des constructeurs chinois (électrique, France) | 7 % des ventes électriques | Part marginale il y a deux ans |
| Part des constructeurs chinois (Allemagne, total) | 8,4 % des immatriculations neuves | Record historique |
Le tableau révèle une convergence franco-allemande sur l’électrique. Les deux plus gros marchés européens franchissent simultanément des seuils symboliques, ce qui change la donne pour les constructeurs historiques.
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Constructeurs chinois en Europe : une percée mesurable
La montée des marques chinoises ne relève plus de la prospective. En France, 7 % des ventes électriques sont chinoises en septembre 2026. En Allemagne, le taux grimpe à 8,4 % des immatriculations totales de voitures neuves, tous types de motorisations confondus.

Ces chiffres traduisent une stratégie d’implantation rapide. Des modèles comme le XPeng L03, SUV 100 % électrique affiché en concurrent direct du Tesla Model Y, illustrent le positionnement prix-technologie adopté par ces nouveaux entrants. XPeng mise sur une batterie de 71 kWh et une puissance de 388 ch pour se distinguer sur le segment des SUV électriques.
En face, la réponse européenne reste fragmentée. Volkswagen prépare l’ID.Tiguan pour 2027 en remplacement de l’ID.4. Chaque constructeur avance à son rythme, sans stratégie coordonnée face à la concurrence chinoise.
Stellantis et les contraintes d’approvisionnement en batteries
L’arrêt temporaire de quatre usines françaises Stellantis en octobre 2026 met en lumière un goulet d’étranglement rarement évoqué dans les bilans de ventes. Le groupe a invoqué une disponibilité insuffisante de certaines batteries longue autonomie, alors que la demande professionnelle dépasse les capacités d’approvisionnement.
Cette situation expose un paradoxe : la demande de véhicules électriques progresse, mais la chaîne industrielle ne suit pas au même rythme.
- Les batteries à longue autonomie restent le maillon limitant, avec des capacités de production inférieures aux commandes des flottes professionnelles.
- L’hybridation légère de Stellantis, de son côté, confirme son succès commercial en franchissant un cap de production, signe que la transition ne passe pas uniquement par le tout-électrique.
- Les arrêts d’usines pèsent sur les délais de livraison des modèles Peugeot, Citroën et Opel assemblés en France, avec un effet direct sur le marché de l’occasion où les prix restent élevés.

Objectif 2035 et négociations franco-allemandes sur les émissions
La règle européenne d’interdiction des moteurs thermiques neufs en 2035 fait l’objet d’une nouvelle tentative d’assouplissement. Paris et Berlin discuteraient d’un objectif de réduction des émissions à l’échappement moins contraignant, avec un rôle potentiel maintenu pour les motorisations hybrides au-delà de 2035.
Cette rumeur a suffi à faire grimper en Bourse les cours de Renault, Stellantis et Volkswagen. Le signal est clair : les marchés financiers intègrent déjà la possibilité que le calendrier réglementaire soit repoussé ou aménagé.
L’enjeu dépasse la seule motorisation : il s’agit de protéger la filière industrielle européenne face aux importations chinoises tout en maintenant un cap environnemental crédible.
Tendances auto à surveiller d’ici la fin 2026
Le Mondial de l’Auto de Paris concentre les annonces de cette fin d’année. Plusieurs lancements y sont attendus, de la nouvelle BMW Série 3 (huitième génération, toujours proposée en thermique) à la berline Lexus ES qui s’ouvre à l’électrique pour la première fois.
Le segment des petites voitures connaît un renouveau porté par le néorétro. Mini, Fiat 500 et la future Twingo électrique de Renault se disputent un créneau urbain où le prix d’entrée et l’autonomie comptent davantage que la puissance.
Le marché de l’occasion électrique commence aussi à structurer son offre, avec des modèles comme la Nissan Leaf disponibles à des tarifs qui rendent l’électrique accessible sans passer par le neuf.
Le recul continu du diesel, combiné aux records de l’électrique et à la pression chinoise, redessine la hiérarchie du marché automobile européen à une vitesse que les projections d’il y a trois ans n’avaient pas anticipée.



